Une adulte reprend la marche à un rythme modéré dans un parc, une main portant brièvement à son dos pendant l'effort.
Publié le 24 octobre 2026

Lorsque la douleur persiste depuis plusieurs mois, marcher, faire le ménage, travailler ou retrouver une activité sportive peut devenir difficile. Certains mouvements sont évités par crainte d’aggraver les symptômes. D’autres sont tentés pendant les bonnes journées, parfois au prix d’une poussée douloureuse les jours suivants.

Pourtant, retrouver des activités significatives ne nécessite pas toujours d’attendre la disparition complète de la douleur. Lorsque l’évaluation médicale permet une reprise adaptée, il est possible de reconstruire progressivement ses capacités en ajustant les efforts, en respectant les temps de récupération et en définissant des objectifs réalistes.

Cette démarche ne consiste ni à ignorer les signaux du corps ni à forcer systématiquement malgré la douleur. Elle repose sur une meilleure compréhension des mécanismes douloureux, une progression individualisée et une attention portée à la qualité de vie.

L’objectif est de retrouver une marge de manœuvre dans son quotidien, même lorsque les symptômes restent fluctuants. Selon leur origine et leur évolution, certaines douleurs nécessitent toutefois des précautions ou une prise en charge spécifique.

Reprendre ses activités malgré une douleur persistante : l’essentiel

  • Une douleur chronique ne signifie pas systématiquement qu’une lésion continue de s’aggraver. Ses mécanismes doivent néanmoins être évalués individuellement.
  • Une reprise progressive, régulière et fractionnée permet de reconstruire les capacités sans dépendre uniquement de la douleur ressentie chaque jour.
  • Les progrès se mesurent aussi par les activités retrouvées, l’autonomie, la participation sociale et la capacité à mieux gérer les fluctuations.

Pourquoi une douleur peut-elle persister alors que les tissus ont cicatrisé ?

Une douleur peut persister après la cicatrisation d’une lésion parce que son intensité ne dépend pas uniquement de l’état des tissus. Le système nerveux peut devenir plus sensible aux signaux corporels et contribuer au maintien de la douleur. Cependant, toute douleur chronique ne relève pas d’une sensibilisation : plusieurs mécanismes peuvent coexister et doivent être distingués.

Lors d’une blessure, les signaux nociceptifs contribuent à protéger une région du corps. Ils peuvent inciter à limiter temporairement certaines contraintes pendant la réparation. Mais la nociception et l’expérience douloureuse ne sont pas identiques. La douleur dépend aussi de la manière dont le système nerveux traite les informations reçues.

Certains mécanismes, notamment ceux rencontrés dans les douleurs nociplastiques, impliquent une modification de ce traitement sans preuve claire d’une lésion tissulaire expliquant à elle seule les symptômes. Une sensibilité accrue peut alors rendre certains mouvements ou contacts particulièrement désagréables.

La terminologie scientifique de la douleur de l’IASP distingue notamment les mécanismes nociceptifs, neuropathiques et nociplastiques. Cette classification souligne qu’une douleur persistante ne peut pas être interprétée uniquement à partir de son intensité.

Plusieurs éléments peuvent moduler l’expérience douloureuse :

  • Un sommeil insuffisant ou perturbé, qui peut modifier la tolérance aux symptômes.
  • Le stress et les inquiétudes, susceptibles d’augmenter l’attention accordée aux sensations corporelles.
  • Une réduction prolongée des activités, qui diminue progressivement les capacités physiques.
  • La surveillance permanente des symptômes, qui peut accentuer leur place dans le quotidien.

Ces facteurs ne signifient pas que la douleur est imaginaire ou volontaire. Ils rappellent qu’il s’agit d’une expérience réelle, influencée par plusieurs dimensions biologiques, psychologiques et sociales.

Il serait néanmoins trompeur d’opposer systématiquement une douleur qui protège à une douleur qui ne protégerait plus. Une douleur chronique peut également provenir d’une inflammation persistante, d’une atteinte nerveuse ou d’une autre affection nécessitant un traitement particulier.

Après une évaluation adaptée, cette compréhension peut aider à envisager le mouvement avec davantage de confiance. La question devient alors de déterminer quelles activités reprendre et à quel niveau, plutôt que d’attendre systématiquement une absence totale de douleur.

Comment recommencer à bouger après plusieurs mois de peur de déclencher la douleur ?

Pour recommencer à bouger après une longue période d’évitement, il est préférable de choisir une activité importante et de la reprendre à un niveau actuellement accessible. La progression s’effectue ensuite par petits paliers, avec des objectifs réalistes et des ajustements selon les réactions du corps. Cette démarche suppose que l’activité soit compatible avec l’état de santé évalué.

La peur du mouvement peut s’installer progressivement. Une activité provoque une douleur, elle est évitée, puis la perte de condition physique rend sa reprise encore plus difficile. Ce cercle peut renforcer l’impression que le corps ne supporte plus aucun effort.

Le principe d’une reprise graduée consiste à partir des capacités présentes plutôt que des performances passées. Une personne qui marchait longtemps avant l’apparition des douleurs peut avoir besoin de recommencer par un trajet beaucoup plus court.

Un exemple de démarche consiste à :

  1. Choisir une activité concrète, comme marcher, monter quelques marches ou préparer un repas.
  2. Identifier une quantité d’activité réalisable sans provoquer de répercussions disproportionnées.
  3. Répéter ce niveau suffisamment régulièrement pour observer sa tolérance.
  4. Augmenter modestement la durée, la fréquence ou la difficulté lorsque le niveau devient gérable.
  5. Stabiliser chaque nouveau palier avant d’envisager le suivant.

Le rythme ne doit pas être imposé par un calendrier arbitraire. Des douleurs importantes, une fatigue inhabituelle ou une récupération difficile peuvent justifier de conserver le même niveau plus longtemps, voire de le réduire.

Il peut être utile de définir avec un professionnel des repères de tolérance : une gêne supportable, qui revient vers son niveau habituel après l’activité et qui n’entraîne pas de perturbation durable des fonctions quotidiennes, peut parfois accompagner la reprise. Aucun seuil numérique universel ne permet toutefois de garantir qu’une douleur est sans danger.

Pour la lombalgie commune, les recommandations de la HAS sur la prise en charge de la lombalgie commune privilégient une approche active associant exercices adaptés, autogestion et reprise des activités. Ces recommandations concernent spécifiquement cette affection et ne s’appliquent pas automatiquement à toutes les douleurs chroniques.

Reprendre une activité ne doit pas devenir une épreuve à réussir coûte que coûte. L’objectif est de créer des expériences répétées de mouvement suffisamment maîtrisées pour reconstruire progressivement la confiance.

Une fois l’activité engagée, des variations de douleur peuvent apparaître. Apprendre à interpréter leur évolution aide à déterminer quand poursuivre, adapter ou demander un avis médical.

Douleur après l’effort ou véritable aggravation : comment faire la différence ?

Une augmentation de douleur après une activité ne signifie pas automatiquement qu’une lésion s’aggrave. Elle peut accompagner une reprise d’effort ou traduire une sensibilité momentanément accrue. Pour l’interpréter, il faut surtout observer son évolution, ses conséquences fonctionnelles et l’apparition éventuelle de symptômes inhabituels. Une aggravation nouvelle, importante ou persistante nécessite une évaluation appropriée.

Après une période d’inactivité, des muscles et des articulations peuvent réagir à des sollicitations redevenues inhabituelles. Une douleur musculaire, une raideur ou une majoration temporaire des symptômes peuvent survenir sans correspondre nécessairement à un nouveau dommage.

Cependant, le caractère transitoire d’une douleur ne permet pas à lui seul d’affirmer qu’elle est bénigne. Le diagnostic initial, les antécédents et les signes associés restent déterminants.

Pour mieux comprendre une réaction après l’effort, plusieurs observations peuvent être mises en regard.

Repères pour interpréter une douleur après l’activité
Élément observé Évolution compatible avec une adaptation Situation justifiant une réévaluation
Durée Gêne temporaire revenant vers le niveau habituel. Douleur persistante, croissante ou nettement différente.
Évolution des semaines Capacité progressivement plus stable, malgré des fluctuations. Diminution continue de la tolérance à des efforts similaires.
Vie quotidienne Activités habituelles globalement préservées. Perte fonctionnelle importante ou progressive.
Symptômes associés Absence de nouveau signe préoccupant. Faiblesse nouvelle, troubles neurologiques ou autre symptôme inhabituel.

Ce tableau fournit des repères d’observation, et non un outil permettant de poser un diagnostic. Une douleur nettement différente de l’habituelle, une faiblesse progressive ou une dégradation fonctionnelle marquée demandent un avis médical rapide. Des signes graves, comme une paralysie nouvelle ou des troubles sphinctériens récents associés à une douleur rachidienne, nécessitent une évaluation en urgence.

En l’absence de signe préoccupant, une poussée peut parfois être gérée en réduisant temporairement la durée ou l’intensité de l’activité, puis en reprenant progressivement lorsque les symptômes se stabilisent.

Il n’est pas nécessaire de considérer chaque poussée comme un retour au point de départ. La capacité acquise auparavant peut servir de référence pour adapter la reprise, sans chercher à retrouver immédiatement le dernier niveau atteint.

Cette lecture dans le temps devient particulièrement utile lorsque les bonnes journées poussent à multiplier les efforts, au risque de rendre les jours suivants beaucoup plus difficiles.

Pourquoi en faire trop les bons jours peut-il entretenir les fluctuations de douleur ?

En faire beaucoup pendant une journée peu douloureuse peut conduire à dépasser ses capacités actuelles de récupération. Une poussée de symptômes ou une fatigue importante peut alors imposer une réduction prolongée des activités. Cette alternance entre suractivité et repos forcé rend la progression irrégulière. Une charge plus stable aide souvent à mieux gérer les fluctuations.

Ce fonctionnement est parfois décrit comme le cycle « boom-bust » : une période de forte activité est suivie d’une période pendant laquelle la personne ne peut presque plus rien accomplir.

Il est particulièrement fréquent lorsque des obligations se sont accumulées. Dès que la douleur diminue, la tentation est grande de rattraper le ménage, les courses, les sorties ou les tâches professionnelles laissées en attente.

Le problème ne vient pas du plaisir de retrouver une bonne journée. Il apparaît lorsque la quantité d’activité dépend exclusivement du soulagement ressenti, sans tenir compte de la récupération possible.

Une stratégie consiste à définir un plafond d’activité avant de commencer. Même lorsque les sensations sont favorables, une limite prévue à l’avance évite d’ajouter systématiquement de nouvelles tâches.

Ce plafond peut porter sur une durée, un nombre de tâches ou une quantité d’efforts, selon l’activité concernée. Il doit être individualisé et rester modifiable lorsque les capacités évoluent.

Un suivi simple sur une ou deux semaines peut aider à repérer les associations entre périodes de forte activité, fatigue, sommeil et poussées de douleur. Ce journal ne constitue pas une preuve que chaque poussée est causée par un effort précis, mais il facilite l’identification de tendances utiles.

Il peut aussi révéler que certaines journées très actives sont suivies de jours relativement stables. L’objectif n’est donc pas d’imposer une limitation permanente, mais de trouver une quantité d’activité compatible avec une récupération satisfaisante.

Une fois ce rythme mieux identifié, la question pratique est de répartir les efforts dans la semaine sans transformer le quotidien en planning rigide.

Comment répartir ses efforts dans la semaine quand la douleur est imprévisible ?

Lorsque la douleur varie d’un jour à l’autre, répartir les efforts consiste à fractionner les tâches, alterner les niveaux d’exigence et prévoir des possibilités d’adaptation. Un programme souple peut associer des activités prioritaires, des périodes de récupération et plusieurs niveaux d’effort. L’objectif est de préserver une continuité adaptée, sans imposer le même volume d’activité chaque jour.

Le fractionnement, également appelé pacing, vise à rendre les activités plus gérables. Une tâche fatigante peut être divisée en plusieurs séquences, espacées par des pauses ou par des activités moins exigeantes.

La fiche du Royal National Orthopaedic Hospital sur le pacing recommande d’établir un niveau de référence réalisable, de construire une routine régulière et d’augmenter progressivement l’activité une fois cette routine stabilisée.

Dans la vie quotidienne, ce principe peut s’appliquer au ménage, au jardinage, aux tâches administratives ou aux loisirs. Il permet aussi d’éviter que les obligations absorbent toute l’énergie disponible, au détriment des activités personnellement importantes.

Une organisation utile commence par trois catégories :

  • Essentielles : les activités nécessaires à la santé, à la sécurité et aux besoins fondamentaux.
  • Importantes : les activités qui entretiennent l’autonomie, les relations sociales ou le sentiment d’accomplissement.
  • Facultatives : les tâches qui peuvent être reportées, simplifiées ou déléguées sans conséquence majeure.

Un programme hebdomadaire peut ensuite comporter un niveau minimal personnalisé, des options supplémentaires les journées favorables et une règle d’adaptation en cas de poussée. Le minimum n’a pas à être identique tous les jours : certaines situations exigent une réduction importante, voire une interruption temporaire des exercices concernés.

Construire un plan d’activité adapté en cinq étapes

  1. Choisir trois activités prioritaires : rédiger une courte liste indiquant pourquoi chacune compte dans le quotidien.
  2. Observer les capacités actuelles : noter pendant plusieurs jours les activités effectuées et leurs répercussions sur la fatigue, la douleur et la récupération.
  3. Définir un niveau de référence : inscrire pour chaque activité une durée ou une quantité actuellement gérable.
  4. Prévoir une organisation souple : préparer un planning répartissant activités, pauses et possibilités d’ajustement.
  5. Faire un bilan régulier : consigner ce qui a été réalisable, les difficultés rencontrées et les éventuelles modifications à apporter.

À titre d’exemple hypothétique, une personne peut décider de préparer un repas en plusieurs séquences plutôt que de rester longtemps debout. Les étapes les moins urgentes peuvent être réalisées à un autre moment ou avec de l’aide.

Ce type d’organisation ne doit pas conduire à surveiller constamment chaque sensation. Le planning sert à faciliter les décisions, pas à transformer toute activité en exercice de contrôle.

La progression doit également tenir compte des situations où l’effort provoque une aggravation disproportionnée ou retardée des symptômes. Dans ces cas, une augmentation automatique des activités n’est pas appropriée et nécessite une stratégie individualisée.

Cette répartition a aussi un objectif plus large : conserver une place pour les activités qui donnent du sens au quotidien, et pas seulement pour les tâches indispensables.

Pourquoi abandonner ses activités peut-il dégrader la qualité de vie malgré une douleur moindre ?

Abandonner une activité peut parfois diminuer la douleur à court terme, mais cette réduction ne garantit pas une meilleure qualité de vie. Une diminution durable du mouvement, des contacts sociaux ou des loisirs peut entraîner une perte de condition physique, d’autonomie et de satisfaction personnelle. La reprise adaptée cherche donc à préserver ce qui compte, sans négliger les besoins de protection.

Lorsqu’un mouvement est associé à une douleur, l’éviter paraît souvent logique. Cette stratégie peut être nécessaire pendant certaines phases de maladie ou de réparation tissulaire. Mais si l’évitement se généralise sans indication médicale, le quotidien risque de devenir progressivement plus restreint.

Une personne peut par exemple renoncer d’abord à une longue promenade, puis à de courtes sorties, avant de ne plus participer à certaines rencontres. La diminution des occasions de bouger et de voir ses proches peut alors peser sur son bien-être.

La perte ne concerne pas seulement les capacités physiques. Elle peut toucher le sentiment d’utilité, la participation familiale, l’indépendance ou l’identité personnelle.

Une personne qui aimait jardiner peut regretter davantage le contact avec son jardin que la performance physique elle-même. Une autre peut souhaiter pouvoir accompagner ses enfants ou reprendre une activité associative.

Ces objectifs invitent à remplacer la seule question « Comment avoir le moins mal possible ? » par une réflexion plus large : « Quelles activités importantes puis-je retrouver dans des conditions adaptées ? »

Accepter une gêne limitée pour retrouver une activité significative peut être un choix raisonnable dans certaines situations évaluées. Cela ne signifie jamais qu’il faut ignorer une douleur nouvelle, supporter une aggravation continue ou renoncer à un traitement nécessaire.

La démarche consiste plutôt à rechercher des formes accessibles de participation : réduire une distance, utiliser une aide adaptée, modifier une posture ou partager certaines tâches.

Lorsque les douleurs concernent une articulation arthrosique, cette recherche d’autonomie peut notamment passer par des exercices de renforcement adaptés aux mouvements encore sensibles.

Comment renforcer une articulation arthrosique quand certains mouvements restent sensibles ?

Une articulation touchée par l’arthrose peut généralement bénéficier d’exercices de renforcement adaptés, même si certains mouvements restent sensibles. L’objectif est de solliciter progressivement les muscles et les capacités fonctionnelles sans imposer une charge excessive. Le choix des exercices, leur amplitude et leur intensité doivent tenir compte des symptômes, des capacités et des éventuelles contre-indications.

L’arthrose ne signifie pas que toute sollicitation articulaire est dangereuse. Les exercices thérapeutiques constituent une composante importante de sa prise en charge, notamment pour améliorer la fonction physique.

Le renforcement des muscles qui participent aux mouvements d’une articulation peut faciliter certaines activités quotidiennes, comme se relever d’une chaise, monter des marches ou porter des objets.

La difficulté consiste à déterminer comment exercer ces muscles lorsque certaines positions déclenchent une gêne importante.

Plusieurs adaptations peuvent être envisagées :

  • Réduire l’amplitude initiale du mouvement, puis l’augmenter progressivement selon la tolérance.
  • Commencer dans une position assise ou allongée lorsque les exercices debout sont trop difficiles.
  • Utiliser une assistance ou un appui pour mieux contrôler le mouvement.
  • Modifier la résistance, la vitesse ou le nombre de répétitions.
  • Envisager des exercices aquatiques lorsque cette modalité est appropriée et accessible.

Ces possibilités ne constituent pas un programme universel. Une articulation très inflammatoire, une douleur inhabituelle ou une dégradation rapide peuvent nécessiter une réévaluation avant de poursuivre.

Les recommandations NICE sur l’exercice thérapeutique dans l’arthrose préconisent une activité adaptée comprenant notamment le renforcement musculaire local et l’entraînement aérobie. Elles précisent qu’une augmentation initiale de la douleur articulaire peut survenir, tout en soulignant les bénéfices d’une pratique régulière sur la douleur, la fonction et la qualité de vie.

Cette observation ne permet pas de considérer toute douleur pendant un exercice comme normale. Une articulation chaude et gonflée, une aggravation rapide ou une déformation évolutive demandent notamment une évaluation clinique.

Le kinésithérapeute peut aider à sélectionner les mouvements appropriés, à ajuster les contraintes et à construire une progression en fonction des objectifs du patient. La difficulté du programme doit évoluer avec les capacités, sans être déterminée uniquement par l’apparence des examens d’imagerie.

Au-delà du gain musculaire, ce travail peut permettre de retrouver des gestes essentiels et de participer plus facilement aux activités choisies. C’est précisément l’un des objectifs centraux d’une rééducation orientée vers la qualité de vie.

À retenir avant d’engager une rééducation

  • Les objectifs de progression gagnent à être définis à partir d’activités concrètes : marcher, cuisiner, travailler ou retrouver un loisir.
  • Un programme utile doit être réévalué selon les capacités fonctionnelles, la récupération et les difficultés rencontrées, pas seulement selon une note de douleur.
  • Le patient et le professionnel peuvent construire ensemble des objectifs réalistes et ajustables, tout en maintenant une vigilance face aux symptômes nouveaux.

Comment la rééducation peut-elle améliorer la qualité de vie au-delà de la simple diminution de la douleur ?

La rééducation peut améliorer la qualité de vie en aidant une personne à retrouver des capacités, des activités et une autonomie qu’elle avait perdues, même si la douleur ne disparaît pas complètement. Elle associe notamment une évaluation individualisée, des exercices adaptés et une éducation à la douleur. Ses résultats se mesurent donc aussi par les changements concrets dans le quotidien.

Une approche centrée uniquement sur l’intensité de la douleur risque de négliger des progrès importants. Pouvoir reprendre une sortie, réaliser davantage de tâches ou récupérer plus facilement après un effort peut représenter une amélioration significative.

La rééducation peut poursuivre plusieurs objectifs complémentaires :

  • Retrouver de l’autonomie : faciliter les déplacements, les transferts, les gestes domestiques et les activités personnelles.
  • Reconstruire des capacités physiques : développer progressivement la force, l’endurance ou la mobilité selon les besoins.
  • Réduire la peur du mouvement : mieux comprendre les symptômes et expérimenter des activités adaptées.
  • Favoriser la participation sociale : rendre certaines sorties, activités familiales ou pratiques de loisirs plus accessibles.
  • Améliorer la gestion du quotidien : trouver un équilibre entre activité, récupération et contraintes personnelles.

Le rôle du kinésithérapeute ne se limite pas à faire exécuter une série d’exercices. Il peut aider à identifier les obstacles, proposer des adaptations, accompagner la gestion des poussées et discuter des objectifs avec la personne concernée.

L’éducation à la douleur permet également de mieux comprendre pourquoi l’intensité des symptômes ne reflète pas toujours directement les capacités physiques. Cette compréhension peut faciliter la reprise, mais elle ne remplace ni le diagnostic ni les traitements spécifiques lorsqu’ils sont nécessaires.

Pour mesurer les progrès, il peut être utile de suivre des indicateurs concrets plutôt qu’une seule échelle de douleur :

  • Une activité précédemment abandonnée devient de nouveau réalisable.
  • Une tâche quotidienne demande moins d’aide ou moins de pauses.
  • La quantité d’activité tolérée augmente progressivement.
  • Les périodes de récupération deviennent plus faciles à gérer.
  • La participation aux activités familiales, sociales ou professionnelles s’améliore.

Ces changements peuvent être irréguliers. Une mauvaise semaine n’efface pas nécessairement les progrès précédents, mais une dégradation durable doit conduire à réexaminer le programme et, si nécessaire, la situation médicale.

Dans certaines situations complexes, une prise en charge pluridisciplinaire peut être pertinente. Elle permet d’aborder conjointement les dimensions physiques, psychologiques et sociales de la douleur persistante.

La réussite d’une rééducation ne se définit donc pas uniquement par une diminution de la douleur. Elle dépend aussi de la possibilité de vivre davantage selon ses priorités, avec des capacités progressivement reconstruites et des stratégies adaptées.

Une prochaine étape concrète consiste à identifier une activité importante actuellement limitée, à noter ce qui la rend difficile, puis à en discuter avec un professionnel de santé pour définir un niveau de reprise compatible avec sa situation. Retrouver une activité qui compte peut constituer un progrès réel, même lorsque la douleur demeure présente.

Questions fréquentes sur la reprise des activités avec une douleur chronique
Faut-il attendre un diagnostic définitif avant de reprendre une activité physique ?

Il n’est pas toujours nécessaire d’attendre que toutes les investigations soient terminées pour conserver une activité adaptée. Cependant, la possibilité de reprendre dépend des symptômes, des hypothèses diagnostiques et des éventuelles contre-indications. Une douleur non évaluée, nouvelle ou préoccupante nécessite un avis médical avant d’entreprendre une progression susceptible d’aggraver la situation.

Peut-on reprendre une activité sans matériel sportif particulier ?

Oui, de nombreuses activités quotidiennes peuvent servir de point de départ lorsqu’elles sont adaptées à la situation : marcher, changer régulièrement de position ou réaliser certains gestes fonctionnels. Le choix dépend des capacités et des objectifs. Le matériel peut faciliter certains exercices, mais il n’est pas systématiquement indispensable.

Que faire si les douleurs changent constamment d’emplacement ?

Il est utile de noter les changements de localisation, leur durée, les symptômes associés et leurs conséquences sur les activités. Des douleurs variables peuvent avoir plusieurs explications et ne suffisent pas à identifier un mécanisme particulier. Une modification inhabituelle, persistante ou accompagnée de nouveaux signes doit être discutée avec un professionnel de santé.

Comment parler de ses objectifs de reprise à un kinésithérapeute ?

Décrire une activité précise que l’on souhaite retrouver est souvent plus utile qu’exprimer uniquement le souhait d’avoir moins mal. Il est possible d’indiquer ce qui est actuellement réalisable, les obstacles rencontrés et les répercussions des efforts. Ces informations aident à construire des objectifs fonctionnels individualisés et à suivre leur évolution.

Rédigé par Julien Lefevre, Éditeur de contenu dédié à l'analyse de la douleur, de l'arthrose et des limitations liées aux affections rhumatismales, il structure des informations parfois difficiles à interpréter. Sa méthode consiste à comparer les sources, contextualiser les fluctuations des symptômes et distinguer repos, activité adaptée et signaux d'alerte. Le lecteur bénéficie ainsi d'explications nuancées pour comprendre ses limitations sans réduire chaque variation de douleur à une aggravation.