
Après un accident vasculaire cérébral (AVC), des gestes autrefois automatiques peuvent devenir difficiles : se lever du lit, attraper un verre, s’habiller, marcher ou sortir de chez soi. La rééducation aide à reconstruire progressivement ces capacités, en tenant compte des troubles provoqués par l’AVC et des objectifs personnels de chaque patient.
Retrouver de l’autonomie ne signifie pas nécessairement récupérer toutes ses capacités antérieures. Il s’agit aussi de pouvoir accomplir davantage d’activités quotidiennes, parfois avec une technique différente, un équipement adapté ou une assistance réduite.
La kinésithérapie occupe une place importante dans la récupération motrice, aux côtés de l’ergothérapie, de l’orthophonie et des autres interventions nécessaires. Les progrès dépendent notamment des lésions cérébrales, des capacités préservées, de l’état de santé et de la régularité du réentraînement.
La rééducation suit donc une progression personnalisée : retrouver le contrôle de certains mouvements, les utiliser dans des activités concrètes, puis élargir les situations dans lesquelles la personne peut agir en sécurité.
Rééducation post-AVC : les points essentiels
- La récupération varie d’une personne à l’autre : le bilan initial oriente la rééducation, mais ne fixe pas définitivement les capacités futures.
- La répétition de gestes utiles, associée à des adaptations appropriées, favorise le retour aux activités quotidiennes.
- La reprise des déplacements, des escaliers et des sorties dépend de critères de sécurité observables, pas d’un délai universel.
- Pourquoi la récupération après un AVC varie-t-elle autant d’une personne à l’autre ?
- Comment retravailler un geste du quotidien lorsqu’un côté du corps répond moins bien ?
- Récupérer le mouvement ou adapter le geste : quelle stratégie après un AVC ?
- Quels risques apparaît-on lorsqu’on reprend trop vite les déplacements après un AVC ?
- Dans quel ordre retravailler les activités pour retrouver de l’autonomie après un AVC ?
- Quand reprendre les escaliers ou les sorties seul après une chute ?
- Récupération ou compensation : quelle approche aide le mieux à retrouver de l’autonomie ?
- Comment la rééducation neuro-motrice réentraîne-t-elle le contrôle d’un mouvement perturbé ?
Pourquoi la récupération après un AVC varie-t-elle autant d’une personne à l’autre ?
La récupération après un AVC dépend de la localisation et de l’étendue des lésions cérébrales, des fonctions touchées, de l’état de santé antérieur et des possibilités de rééducation. Deux personnes ayant subi un AVC peuvent donc connaître des évolutions très différentes. Les premières difficultés observées ne permettent pas, à elles seules, de prédire définitivement leur autonomie future.
Une lésion affectant les régions impliquées dans la commande motrice peut entraîner une faiblesse ou une paralysie d’un côté du corps. D’autres atteintes perturbent principalement la sensibilité, l’équilibre, la coordination, le langage ou certaines fonctions cognitives. Ces troubles peuvent se combiner et modifier considérablement les besoins de rééducation.
L’âge, le diabète, les maladies cardiovasculaires et l’état de santé général influencent également les possibilités de récupération. La rapidité de la prise en charge initiale joue un rôle important dans le parcours médical, même si elle ne suffit pas à prévoir les résultats fonctionnels individuels.
Dans les premières semaines, une partie de l’amélioration peut provenir de la diminution des perturbations initiales et de mécanismes naturels de récupération. En parallèle, le cerveau conserve une capacité de réorganisation appelée plasticité cérébrale. La rééducation cherche à mobiliser cette capacité par des exercices ciblés, des expériences motrices répétées et des activités pertinentes pour la vie quotidienne.
Il est utile de distinguer les facteurs déjà établis des possibilités d’action restantes :
- Facteurs peu ou non modifiables : localisation des lésions, étendue des dommages cérébraux, âge et certaines caractéristiques médicales initiales.
- Facteurs sur lesquels agir : adaptation du programme, régularité des exercices, prévention des complications, aménagement de l’environnement et participation aux activités appropriées.
La motivation peut soutenir la participation, mais elle ne suffit pas à surmonter un déficit neurologique important. De même, un ralentissement des progrès ne signifie pas automatiquement que toute amélioration ultérieure est impossible.
La Haute Autorité de santé rappelle, dans ses recommandations sur la rééducation après un AVC à la phase chronique, qu’un programme adapté peut rester pertinent au-delà de six mois, notamment pour les fonctions des membres et les capacités de déplacement.
Cette variabilité explique pourquoi la rééducation doit partir des capacités réellement observées, puis les développer à travers des gestes concrets plutôt que suivre un calendrier identique pour tous.
Comment retravailler un geste du quotidien lorsqu’un côté du corps répond moins bien ?
Lorsqu’un côté du corps est affaibli après un AVC, le réentraînement consiste à décomposer un geste quotidien, travailler les mouvements devenus difficiles, puis reconstituer progressivement l’activité complète. Les exercices doivent tenir compte de la force, de la coordination et de la sensibilité, tout en encourageant une utilisation active du côté atteint lorsque cela est possible et sûr.
Une hémiplégie correspond à une paralysie touchant un côté du corps, tandis qu’une hémiparésie désigne une faiblesse partielle. Dans les deux situations, les difficultés ne concernent pas uniquement la puissance musculaire.
Par exemple, une personne peut réussir à lever le bras sans parvenir à orienter correctement sa main vers une tasse. Une autre peut serrer un objet, mais mal percevoir sa position ou la pression exercée. Le kinésithérapeute et l’ergothérapeute cherchent à identifier précisément ce qui empêche la réalisation du geste.
Pour réapprendre à saisir un verre, le travail peut être organisé progressivement :
- Stabiliser le tronc et positionner correctement le bras.
- Avancer la main vers l’objet en contrôlant la trajectoire.
- Ouvrir les doigts et adapter la prise.
- Soulever puis reposer l’objet sans perdre le contrôle.
- Réutiliser le mouvement dans une activité quotidienne réelle, selon les capacités acquises.
Le degré de difficulté évolue avec les progrès : objet plus éloigné, position différente, moindre assistance ou tâche nécessitant davantage de précision. La répétition est importante, mais la qualité du mouvement, la fatigue et la sécurité restent déterminantes.
Les recommandations NICE sur la rééducation fonctionnelle après un AVC préconisent notamment l’entraînement répétitif orienté vers les tâches : atteindre, saisir et manipuler des objets, se lever d’une chaise, marcher ou utiliser les escaliers. Ces recommandations britanniques constituent une référence clinique complémentaire, sans définir l’organisation des soins dans tous les pays francophones.
Un autre enjeu est d’éviter que le membre le moins atteint réalise systématiquement toutes les actions. Cette préférence peut limiter les occasions de solliciter le côté déficitaire. Il ne faut cependant pas imposer son utilisation lorsqu’elle expose à une chute, à une douleur ou à un échec dangereux.
Le transfert des acquis à domicile repose sur des exercices choisis avec les professionnels et intégrés aux habitudes de vie. Les progrès se jugent sur des critères observables : davantage de précision, moins d’aide, une tâche réalisée plus sûrement ou avec moins de fatigue.
Certaines tâches peuvent néanmoins rester difficiles malgré les exercices. Dans ce cas, adapter temporairement la manière de les accomplir permet de préserver une part d’autonomie sans abandonner la récupération motrice.
Récupérer le mouvement ou adapter le geste : quelle stratégie après un AVC ?
Après un AVC, récupérer un mouvement et adapter un geste sont deux stratégies complémentaires. La première cherche à améliorer les capacités motrices atteintes ; la seconde permet d’accomplir une activité malgré les limitations persistantes. Le choix dépend du potentiel de récupération observé, de la sécurité et de l’importance de l’activité pour la vie quotidienne.
La stratégie de récupération repose sur le réentraînement du mouvement déficitaire. Elle peut viser, par exemple, un meilleur contrôle du genou pendant la marche ou une ouverture plus précise de la main pour saisir un objet.
La compensation utilise une autre manière de réaliser l’activité : technique d’habillage à une main, équipement facilitant la toilette, aide de marche ou modification de l’environnement. Elle cherche avant tout à rendre l’action possible et suffisamment sûre.
Ces approches ne doivent pas être considérées comme deux choix définitifs. Un patient peut utiliser un matériel de déplacement pour certaines activités tout en poursuivant, avec son kinésithérapeute, un travail spécifique sur ses capacités de marche.
Le tableau suivant présente leurs objectifs et leurs limites respectives.
| Critère | Récupération | Compensation |
|---|---|---|
| Objectif principal | Améliorer une capacité déficitaire | Réaliser une activité malgré le déficit |
| Exemple | Réentraîner l’ouverture de la main | Apprendre une technique d’habillage à une main |
| Intérêt immédiat | Développer le contrôle moteur | Faciliter une activité essentielle |
| Point de vigilance | Ne pas exposer à une fatigue ou à un risque excessif | Maintenir des occasions adaptées de solliciter le côté atteint |
Une compensation utilisée exclusivement, sans réévaluation, peut réduire les occasions d’entraîner le mouvement déficitaire. Inversement, refuser toute aide jusqu’à récupération complète peut retarder des activités importantes ou augmenter les risques.
Imaginons une personne qui retrouve progressivement l’équilibre mais ne peut pas encore marcher seule en sécurité. Une aide technique adaptée peut faciliter ses déplacements autorisés, pendant que les séances continuent à travailler la stabilité, les appuis et le contrôle du pas.
De la même manière, une salle de bain temporairement aménagée peut permettre une toilette plus autonome sans interrompre le travail de récupération du bras et de la main.
La décision doit être régulièrement réévaluée avec les professionnels de rééducation, selon l’évolution des capacités et les priorités du patient.
Cette recherche d’équilibre devient particulièrement importante lors de la reprise des déplacements, où une autonomie apparente peut masquer des difficultés de stabilité ou de coordination.
Quels risques apparaît-on lorsqu’on reprend trop vite les déplacements après un AVC ?
Reprendre les déplacements trop rapidement après un AVC peut augmenter le risque de chute, de blessure et de perte de confiance. Une personne capable de marcher quelques pas en séance n’est pas nécessairement prête à circuler seule chez elle. La sécurité dépend notamment de l’équilibre, des transferts, des changements de direction et des obstacles présents.
Après un AVC, une faiblesse d’un côté du corps, des troubles sensitifs ou une coordination insuffisante peuvent perturber la répartition du poids et la réaction à une perte d’équilibre. Certaines personnes présentent également des difficultés d’attention ou de perception qui compliquent l’anticipation des obstacles.
Une chute peut provoquer des blessures, notamment une fracture ou un traumatisme crânien. Elle peut aussi entraîner une appréhension durable des déplacements. Par crainte de tomber à nouveau, le patient réduit parfois ses activités, ce qui peut diminuer son endurance et limiter les occasions d’entraînement.
Des stratégies de marche peu efficaces peuvent également devenir habituelles : appui excessif sur le côté le plus fort, déplacement asymétrique ou évitement de certaines phases du pas. Leur présence doit être analysée plutôt que corrigée systématiquement sans tenir compte des capacités réelles.
Avant d’élargir les déplacements, plusieurs éléments méritent d’être observés avec le kinésithérapeute :
- La capacité à passer du lit au fauteuil et à se relever avec le niveau d’assistance prévu.
- La stabilité debout et la possibilité de rétablir l’équilibre dans les situations travaillées.
- La maîtrise du départ, de l’arrêt et des changements de direction.
- La tolérance à l’effort, notamment en présence de fatigue.
- La compatibilité entre les capacités du patient et les contraintes du domicile.
À la maison, les zones particulièrement sensibles comprennent les sols glissants, la salle de bain, les seuils, les tapis mobiles, les escaliers et les passages étroits. Une évaluation des besoins d’aménagement, notamment avec l’ergothérapeute, peut faciliter la préparation du retour à domicile.
La reprise précoce de la rééducation ne doit pas être confondue avec une marche autonome imposée trop tôt. Les recommandations françaises sur la fonction motrice encouragent une rééducation engagée dès que l’état clinique le permet, avec une progression adaptée.
La progression la plus utile n’est donc pas celle qui conduit le plus vite à marcher sans aide, mais celle qui permet d’acquérir des compétences suffisamment stables pour les utiliser dans les activités suivantes.
Dans quel ordre retravailler les activités pour retrouver de l’autonomie après un AVC ?
Le retour à l’autonomie après un AVC se construit généralement à partir de capacités fonctionnelles progressivement plus complexes : contrôle du tronc, changements de position, transferts, équilibre, déplacements, puis activités quotidiennes élargies. Cet enchaînement sert de repère pratique, mais il n’impose pas un ordre identique à tous les patients : plusieurs compétences peuvent être travaillées simultanément.
Le contrôle postural constitue souvent une base importante. Pouvoir se maintenir assis, orienter le tronc ou déplacer son poids permet de participer plus facilement à la toilette, à l’habillage et aux transferts.
Les transferts, comme passer du lit au fauteuil ou se relever d’une chaise, font ensuite partie des objectifs essentiels. Leur maîtrise contribue à réduire certaines situations de dépendance et prépare de nombreuses activités debout.
Le travail de l’équilibre et de la marche intervient selon les capacités du patient, avec ou sans assistance. Il peut commencer avant que tous les gestes précédents soient devenus indépendants. L’objectif est d’obtenir une mobilité adaptée aux besoins réels, progressivement transférable au domicile.
Les activités plus complexes, comme préparer un repas, faire des courses ou gérer certaines tâches du logement, nécessitent parfois de combiner motricité, endurance, attention, planification et sécurité.
Pour chaque objectif, les professionnels examinent notamment la stabilité, l’assistance nécessaire, la régularité de la réussite et les risques associés. Une activité réussie une seule fois ne signifie pas nécessairement qu’elle peut être réalisée sans aide dans toutes les circonstances.
Préparer avec l’équipe de rééducation une progression adaptée au quotidien
- Identifier trois activités prioritaires avec le patient et son entourage ; obtenir une liste écrite de ces objectifs.
- Faire évaluer les capacités nécessaires à chaque activité ; disposer d’un bilan précisant les difficultés et le niveau d’assistance.
- Définir avec les professionnels un exercice fonctionnel adapté à chaque priorité ; repartir avec des consignes précises de réalisation et de sécurité.
- Repérer les obstacles du domicile qui gênent les activités prévues ; établir une liste des aménagements à évaluer.
- Fixer un moment de réévaluation avec l’équipe ; disposer de critères concrets pour constater les progrès et ajuster les objectifs.
La fiche de la HAS sur le parcours de rééducation après un AVC insiste sur la personnalisation du programme, la coordination des professionnels et la préparation des transitions vers le domicile.
Pour le patient, cette organisation aide à comprendre pourquoi certains gestes redeviennent possibles avant d’autres. Une amélioration de l’équilibre peut, par exemple, faciliter plusieurs activités sans entraîner immédiatement une marche extérieure indépendante.
Lorsque les déplacements de base deviennent plus fiables, la question des escaliers et des sorties sans accompagnement peut être abordée, avec une vigilance particulière si une chute s’est déjà produite.
Quand reprendre les escaliers ou les sorties seul après une chute ?
Après un AVC et une chute, la reprise des escaliers ou des sorties sans accompagnement doit dépendre d’une évaluation des capacités réelles, et non du nombre de semaines écoulées. L’équilibre, la force, la coordination, l’endurance et la gestion des obstacles doivent être suffisamment fiables. Une progression supervisée permet de vérifier ces compétences avant d’envisager davantage d’indépendance.
Si une chute vient de survenir, il faut d’abord en rechercher les circonstances et faire évaluer toute blessure ou modification de l’état de santé. Une chute accompagnée d’un traumatisme crânien, d’une perte de connaissance ou de nouveaux symptômes neurologiques nécessite une prise en charge médicale urgente.
Les escaliers demandent un contrôle particulier. Monter nécessite notamment de propulser le corps vers la marche supérieure, tandis que descendre impose de contrôler le poids du corps lors de l’abaissement. Les difficultés respectives varient selon les déficits de chaque personne.
Une progression peut être envisagée avec le kinésithérapeute, depuis quelques marches réalisées avec assistance et rampe jusqu’à l’utilisation supervisée d’un escalier connu. Le passage à une utilisation indépendante ne doit intervenir que lorsque l’évaluation confirme une sécurité suffisante dans les conditions concernées.
La sécurité matérielle compte également : rampe stable, éclairage suffisant, marches dégagées, chaussures adaptées et possibilité de demander de l’aide. Ces aménagements diminuent certaines contraintes, mais ne prouvent pas qu’une personne est prête à utiliser les escaliers seule.
Les sorties extérieures ajoutent d’autres difficultés : trottoirs irréguliers, changements de direction, circulation, obstacles imprévus et distances plus longues. Il est donc utile de distinguer la capacité à marcher dans un environnement connu de celle à gérer un trajet extérieur.
La peur de tomber à nouveau mérite une attention particulière. Elle peut pousser la personne à éviter des déplacements pourtant progressivement accessibles. L’entraînement encadré cherche alors à améliorer les capacités physiques tout en restaurant une confiance fondée sur des réussites observables.
Une sortie accompagnée et préparée peut constituer un objectif intermédiaire. La décision de sortir seul doit ensuite tenir compte des risques de chute, mais aussi des troubles cognitifs, perceptifs ou de communication éventuels.
Lorsque certaines limitations persistent, les aides techniques et les adaptations peuvent permettre de reprendre des activités importantes sans attendre une récupération motrice complète.
Récupération ou compensation : quelle approche aide le mieux à retrouver de l’autonomie ?
Pour retrouver de l’autonomie après un AVC, la meilleure approche est généralement celle qui combine récupération et compensation selon chaque activité. Il faut continuer à entraîner les fonctions susceptibles de progresser, tout en utilisant des adaptations lorsque celles-ci facilitent un geste essentiel ou améliorent la sécurité. Cet équilibre doit évoluer avec les capacités et les priorités du patient.
Le choix ne se fait pas nécessairement une fois pour toutes. Une personne peut poursuivre la récupération de sa main pour mieux manipuler les objets, mais utiliser provisoirement une technique d’habillage adaptée afin de ne pas dépendre entièrement de son entourage.
Plusieurs observations peuvent conduire l’équipe à donner davantage de place aux compensations : difficultés persistantes malgré un entraînement approprié, fatigue disproportionnée, chutes répétées ou nécessité de réaliser une activité indispensable au retour à domicile.
À l’inverse, une amélioration régulière de la qualité du mouvement, une diminution du besoin d’assistance ou une meilleure maîtrise de la tâche peuvent justifier de poursuivre et d’ajuster les exercices de récupération.
Un plateau de progression mérite une analyse particulière. Il peut désigner une période durant laquelle les changements deviennent moins visibles, sans démontrer que toute amélioration future est impossible. Le programme peut alors être réorienté vers d’autres objectifs : endurance, sécurité des déplacements, utilisation plus efficace des capacités restantes ou participation aux activités domestiques.
Les aides techniques doivent être choisies selon les difficultés observées. Une aide à la marche, un équipement de toilette ou un aménagement du logement n’a pas la même utilité pour tous les patients. Leur sélection gagne à être réalisée avec les professionnels compétents, notamment le kinésithérapeute et l’ergothérapeute.
Un achat spontané peut conduire à un équipement inadapté, insuffisamment utilisé ou incompatible avec certaines capacités. L’apprentissage de son utilisation fait donc partie de l’accompagnement.
L’autonomie doit également être considérée au-delà du seul mouvement : être capable de demander une aide appropriée, d’organiser une activité, de prendre des décisions ou de participer à la vie sociale peut représenter un progrès significatif.
Cette adaptation permanente repose notamment sur la rééducation neuro-motrice, qui cherche à améliorer le contrôle des mouvements perturbés et à rendre les capacités acquises plus utiles dans la vie quotidienne.
À retenir avant de poursuivre le réentraînement moteur
- Un mouvement doit être analysé selon la difficulté précise rencontrée : force, initiation, coordination, équilibre ou contrôle.
- Un exercice utile doit être ajusté au niveau actuel du patient, puis rendu progressivement plus complexe si les capacités le permettent.
- La répétition prend tout son sens lorsqu’elle prépare une activité réelle et respecte les limites de fatigue et de sécurité.
Comment la rééducation neuro-motrice réentraîne-t-elle le contrôle d’un mouvement perturbé ?
La rééducation neuro-motrice après un AVC cherche à améliorer le contrôle des mouvements en faisant pratiquer des actions ciblées, répétées et progressivement adaptées. Elle s’appuie sur les capacités d’apprentissage et de réorganisation du système nerveux. Le kinésithérapeute analyse les difficultés, ajuste les exercices et accompagne leur transfert vers des gestes fonctionnels utiles.
Un mouvement peut être perturbé à plusieurs niveaux : difficulté à le déclencher, faiblesse musculaire, manque de précision, trouble de la coordination ou contrôle postural insuffisant. Le traitement dépend de l’origine fonctionnelle de la difficulté et des capacités conservées.
Par exemple, pour travailler le passage de la position assise à la station debout, le thérapeute peut observer la position des pieds, le déplacement du tronc, la mise en charge des membres inférieurs et la stabilité à l’arrivée. L’exercice est ensuite ajusté : hauteur du siège, assistance, nombre de répétitions ou conditions d’équilibre.
Le retour d’information joue également un rôle. Des indications verbales, des repères visuels ou une guidance manuelle peuvent aider le patient à mieux percevoir et contrôler son action. L’objectif est de favoriser progressivement une réalisation plus autonome, sans assistance excessive.
Les interventions possibles comprennent notamment :
- Le travail du contrôle postural et des déplacements du poids du corps.
- Les exercices de transfert entre positions.
- Le réentraînement de la marche et de l’équilibre.
- Les activités orientées vers la préhension et la manipulation d’objets.
- La pratique répétée de tâches correspondant aux objectifs quotidiens.
La HAS recommande de combiner différentes méthodes de rééducation et d’adapter leur utilisation aux capacités du patient. Ses recommandations sur les méthodes de rééducation motrice après un AVC soulignent notamment l’intérêt du travail fonctionnel de la marche et de l’entraînement orienté vers la tâche. Publiées en 2012, elles doivent être lues conjointement avec les recommandations plus récentes.
La fréquence et l’intensité des exercices doivent être adaptées à la phase de récupération, à l’état médical, aux capacités et à la fatigue. Augmenter systématiquement le nombre de répétitions n’est pas forcément approprié : les exercices doivent rester suffisamment précis, tolérables et sécurisés.
Entre les séances, le patient peut consolider certains acquis grâce aux activités et exercices spécifiquement autorisés par l’équipe. L’entourage contribue à cette continuité en facilitant un environnement adapté, sans imposer des mouvements pour lesquels le niveau de sécurité n’a pas été évalué.
Enfin, l’amélioration du mouvement n’est qu’un des résultats recherchés. Une meilleure capacité à se relever, à circuler dans une pièce ou à participer à un repas peut représenter un bénéfice concret, même lorsque certaines séquelles motrices persistent.
Pour avancer vers davantage d’autonomie, l’étape la plus utile consiste à faire régulièrement le point avec l’équipe de rééducation sur une activité précise : ce qui est désormais possible, ce qui nécessite encore une aide et quel objectif réaliste peut être travaillé ensuite.
Peut-on encore progresser plusieurs mois après un AVC ?
Oui. Des progrès fonctionnels restent possibles au-delà de six mois après un AVC, même si leur rythme et leur ampleur varient. La rééducation à la phase chronique peut notamment cibler la marche, l’équilibre, les membres supérieurs et la réalisation des activités quotidiennes. Un bilan permet de définir les objectifs encore pertinents.
Est-il nécessaire de récupérer toute sa force pour redevenir autonome ?
Non. L’autonomie dépend aussi de la coordination, de l’équilibre, des capacités cognitives, de l’environnement et des aides disponibles. Certaines activités peuvent redevenir accessibles grâce à des stratégies compensatoires ou à des équipements adaptés, même si la récupération musculaire demeure incomplète.
Les proches doivent-ils aider systématiquement une personne après un AVC ?
L’aide doit correspondre aux besoins et au niveau de sécurité évalués. Faire systématiquement les gestes à la place de la personne peut réduire ses occasions de participer aux activités. À l’inverse, retirer trop tôt une assistance nécessaire peut la mettre en danger. Les professionnels peuvent expliquer à l’entourage quand accompagner, guider ou laisser davantage d’initiative.
Comment savoir si les exercices réalisés à domicile sont adaptés ?
Les exercices à domicile devraient être définis ou validés par l’équipe de rééducation. Les consignes doivent préciser le mouvement recherché, les conditions de sécurité, l’assistance éventuelle et les signes justifiant une interruption ou une réévaluation. Une activité devenant plus facile ne signifie pas automatiquement qu’il faut augmenter seul sa difficulté.
Que faire si les progrès semblent s’arrêter malgré la rééducation ?
Il est utile de demander une réévaluation des objectifs et des difficultés persistantes. La fatigue, une douleur, un trouble associé ou une activité trop complexe peuvent influencer les résultats. L’équipe peut adapter les exercices, rechercher d’autres capacités à développer ou privilégier des objectifs d’autonomie pratique. Un ralentissement des progrès ne signifie pas nécessairement la fin des possibilités de réadaptation.